lundi 4 octobre 2010

Un squatter non désiré





C'était un jour de fin novembre, un sein déformé. Pas plus inquiète que ça. En pleine cantine, au boulot, je montre à mes collègues et à ma fille. A l'unanimité, elles me disent « tu vas de suite voir le toubib ».
Ok. Pas de bol, il est en congés.
RDV est pris pour début décembre. Mamo et écho de prescrites.
RDV, chez le radiologue et là, même si le couperet ne tombe pas entièrement, il n'est pas très optimiste et sur le compte rendu note « investigations à pousser ». Bon, surtout ne pas se mettre la rate au court bouillon avant le verdict final.
Je prends RDV avec le gynéco. Biopsie, pffff, moi qui suis « doudouille », je n'y vais pas de gaité de coeur mais la gynéco me met tout de suite à l'aise, anesthésie locale et effectivement, rien senti. Maintenant, l'attenteeeeeee. Est-ce pour cela que le mot « patient » a été inventé ?????
Dans la semaine, coup de fil de l'hôpital, biopsie non constructive, à refaire, nonnnnnn, vraiment jamais eu de bol mouaaaa.
J'y retourne donc mais cette fois, sans la peur au ventre. Deux jours après, j'ai RDV avec ma gynéco et là, le coup de massue me tombe sur la tête. Une saleté de crustacé a réussi à pénétrer en mon sein sans que je ne l'ai invité.
Et devant la gynéco, je fais la forte mais une fois dehors, je m'effondre, pourquoi moi. Qu'ai-je fait ???? J'appelle ma fille, ma tite soeur, mon frère qui vient me chercher tant j'étais incapable de faire le moindre pas. Ils sont tout autant que moi, effondrés mais je ne suis pas seule, je sais qu'ils seront tous là pour me soutenir dans cette épreuve. Mon mari, hospitalisé (faut dire qu'il a été greffé du coeur en août 2007) parce que son staphylo s'est réveillé, donc, je rentre à la maison mais je suis seule. Ma fille et ma tite soeur arrivent et restent avec moi l'AM. Je suis d'un naturel optimiste et une fois le coup encaissé, c'est décidé, je pars à la guerre car c'est bien une guerre que je vais lui livrer à ce crabe de merde. Je vais endosser ma plus belle tenue de guerrière et gooooo, à l'attaque.
Mes animaux (mon bb et mon titi) sont là, ils sentent bien qu'il y a quelque chose d'anormal. Je les aime ces bêtes et heureusement qu'ils sont là.
Allez, on y va. Toute la panoplie d'examens, radio des poumons, écho foie/pelvienne, écho cardiaque, scintigraphie osseuse. C'est dingue, tout ce qui se passe dans nos têtes, le crabe a du faire des petits partout, j'en suis certaine. Je fume, donc il s'est logé aux poumons, j'ai mal au dos, il est itou sur mes os. Malgré ma peur, je prends tous les RDV. Rien à l'écho foie/pelvienne, ouffffff mais je n'ai pas les résultats des poumons, la radiologue super sympa me dit « je vais voir ». Elle revient. Tout est nickel et moi « Ok, je vais arroser ça, je vais m'acheter une bûche au chocolat ». La scintigraphie, je ne pourrais la passer qu'en janvier. Encore une attente. Je retourne voir l'oncologue accompagnée de ma fille et ma nièce, à plusieurs, nous écoutons et comprenons mieux. Tant de questions se bousculent dans ma tête mais rien ne vient. Mon protocole sera 8 chimios, opération, radiothérapie, Herceptine (nouvelle molécule pour les cancers hormono dépendants qui évite la récidive). Dans mon « malheur », paraît que j'ai du bol. Et ensuite 5 ans d'hormonothérapie (ah, je vous expliquerais cette merdouille après).
J'ai un moral d'acier, me suis jamais laissée emmerder par qui que ce soit donc, un crabe pfffffff. Le 29 décembre, j'attaque la 1ère chimio. Ne sachant pas du tout comme cela se passe, j'y vais, même pas angoissée. De toute façon, je n'ai pas le choix et j'ai toujours foncé dans la vie même pour faire des conneries. On m'installe en chambre seule (enfin pas tout à fait) tite soeur Val et ma fille Stéf sont là. Tout se passe bien mais la nuit, les 1ers effets se font sentir. Nausées toute la nuit et le matin complètement cassée. Cela dure 4 jours, après on reprend sa vie. Entre temps, j'ai passé ma scinti. Je suis claustro. Quelle horreur, je ferme les yeux, je ne veux pas voir cette horrible et grosse caméra me passer au-dessus de ma tête. Une demi-heure et c'est terminé, j'attends les résultats. La toubib arrive, « vous n'avez rien si ce n'est quelques fractures de fatigue, rien de bien méchant ». Je me mets à pleurer, mais à pleurer. Les nerfs craquent, je suis contente enfin si on peut dire. Un poids en moins. Tous les 21 jours, je retourne à ma chimio toujours accompagnée (ma fille Stef, ma tite soeur Valérie ou ma belle soeur Sylvie). Pour l'anecdote, la 2ème chimio, ben, une envie de thon mayonnaise, mon mari me le fat donc mais là, j'vous dis pas, toute la nuit sur les toilettes et au matin, mon mari, de me dire "tu as été malade cette nuit" et moi "pfff, non, j'ai simplement repeint les "chiottes". Il savait que l'un des effets de cette chimio était les vomissements, donc, pourquoi se lever ......

Un chapeau à ces infirmières et aide soignantes, souriantes, dévouées. Pffff, elles m'appellent la "chieuse" ou la "foldingue". C'est vrai, que lors des chimios, je fais comme à la maison lorsque je bosse (je laisse mes emmerdes de la vie quotidienne à la "baraque") donc, idem pour les chimios, ce ne sont pas les emmerdes mais j'y vais toujours maquillée, pimpante, souriante et surtout je fais toujours l'andouille, ça, c'est dans ma nature. Les infirmières m'appellent lorsqu'une femme ne va pas bien afin que j'aille lui parler, la rassurer. mais toujours ces « putains » d'effets mais si c'est la seule solution pour en finir avec le cancer, on y va. J'ai perdu tous mes cheveux, (13 jours après la 1ère chimio) pas grave, ça repousse et le jour du rasage, j'y suis allée avec ma tite soeur et nous avons bien rigolé. Je ressemble « en mieux » à Demi Moore et avec ma perruque, dès la sortie, je me fais draguer. Eh ouiiiiiii. Val me demande d'aller voir mon neveu de 10 ans à l'époque et ma pepette d'amour (qq mois). Je demande à Killian, mon neveu s’il veut que je retire ma perruque, il dit oui et me susurre « tu es belle tata » et ma pepette qui rigole. Donc, c'est gagné, si, eux me trouvent jolie, me fous complètement des autres alors. Mieux que Demi, perruquée


Le 02 mars dernière FEC, youpiiiiiiiii. Terminées les nausées. La prochaine cure devrait être moins dure. Je l'attaque le lundi 23 mars, mardi et mercredi, nickel chrome, je suis en forme, c'est génial mais trop beau pour être vrai. Faut dire que sous cortisone pendant 3 jours, ça calme, euhhhh non, ça énerve. Moi, je ferais bien le ménage à 3 heures du mat', mais attention, la descente est sévère. Le jeudi, je dors toute la journée, (pas mon genre), le soir, température et là, mon mari, me dit « aux urgences » et là ils me gardent. 






Aplasie très sévère (baisse des globules blancs) pour ceux qui ne savent pas, la limite très critique des neutrophiles est de 100 et je suis à 40. Donc hospitalisation en service gynécologie. Un personnel soignant du tonnerre et comme je leur ai dit en leur offrant une jolie plante « trop de chefs et pas assez d'indiens ». Je pique une crise de nerfs à l'hosto, je ne supporte pas l'enfermement et surtout impossible pour le personnel de me tenir dans ma chambre en isolement, je sors, masquée, certes, comme le concombre mais je sors et de plus, l'onco n'a même pas daigné venir me voir. J'ai les veines éclatées et les infirmières ne veulent plus me piquer. Enfin, une me pique dans mon cathéter et là nickel mais à l'hosto, on ne mange pas (j'ai encore perdu 2 kgs), on ne dort pas. Je reste 6 jours et quelle joie lorsque l'infirmière me dit que je peux enlever mon masque car qui dit aplasie, dit plus aucune défense immunitaire.
L'onco devait m'appeler, j'attends, rien le lundi. Le mardi, je vais à l'hosto et je prends un RDV avec lui non sans avoir fait reporté ma prochaine chimio. Ben oui, j'ai peur maintenant. J'ai eu des aphtes + muguet dans la bouche, urticaire géant dans le cou et la main droite (allez savoir, juste celle-ci) et ces globules. Si il ne m'assure pas pour la prochaine, j'arrête. Les infirmières en onco me disent que pour la prochaine, j'aurais droit à des piqûres pour booster mes globules. C'est clair, qu'à 1 200 euros la piqûre, ils hésitent mais moi, ce cancer je ne l'ai pas demandé et qu'ils fassent la chasse à tous ces tireurs au flanc, ces gens qui partent en cure pour rien. Là, je suis en colère contre ces fainéants.
Voilà mon quotidien à gérer, surtout la fatigue, moi qui suis speed, qui pète le feu, je ne me supporte pas.
J'ai oublié de dire que je me suis inscrite sur un forum de femmes qui vivent avec ce crabe, ce sont les fées et grâce à elles, j'ai gardé le moral car mieux que les toubibs, elles ont su répondre à toutes mes questions (choses que même l'onco ne savait pas). Ce sont des filles formidables et je suis fière d'être un maillon de la chaîne qui, malheureusement s'agrandit de jour en jour et ça, c'est vraiment la poisse de voir des gamines atteintes. Mais c'est une chaîne d'amitié sans faille où jour et nuit, vous avez une oreille attentive, pas de mélo mais que la vérité et aussi pas mal de crises de rigolade.
Je tiens également à remercier mes amies de popo, 2b, sylvie, mary, Verbruge, Dom, Flo, Coci, Bridget, Descat, Miland, Mamisa, Ariane, nuance sans oublier ma shalimare qui sont toujours là au bon moment. Un simple petit mot sur le forum, un coup de téléphone lorsque je suis absente parce inquiètes. Je vous aime mes amies virtuelles.
Ma jumelle Lysiane, collègue de bureau, toujours dispo et avec qui je passe d'excellents moments et qui me tricote de jolis bonnets.
La suite au prochain numéro mais je peux vous dire que les gens qui ne sont pas passés par la chimio ne peuvent s'imaginer ce que c'est.
 

Bisous
petite suite .............

Pas facile ces chimiothérapies, à ne pas souhaiter même à son pire ennemi, quoique ....... (je plaisante). Je ne suis qu'une loque, moi qui bouge tout le temps, une véritable pile électrique, ben, là, les piles sont déchargées.
Donc, première taxotère (une des chimios les plus toxiques) celle-ci s'est très mal passée donc l'oncologue ne veut pas prendre de risques et me refait une FEC pour la 6ème. Chouette, me dis-je !!!!! Les FEC, je les ai à peu près supportées si ce n'est les nausées, vomissements et la fatigue.
Le 1er mai, je reçois des amis, des belges que je ne connais que sur le forum doctissimo. Ils viennent passer le WE à la maison, ça va changer, un peu de vie. Ma copine est une ancienne du « cancer du sein » en rémission depuis 2 ans. Je suis super contente de la voir ainsi que son mari. Je vais les chercher à la gare du Nord, toujours accompagnée de ma belle soeur (elle ne me lâche pas, sylvie, elle vient à tous mes examens, elle est super). Le lendemain, 1er mai, super temps sur Paris donc j'accompagne mes amis dans leur ballade sur la capitale. Je suis fatiguée mais tant pis, faut se bouger. Beaucoup de monde, déjeuner au resto, super. Nous rentrons, fatigués mais heureux. Mes amis repartent sur la capitale visiter les champs la nuit mais moi, trop fatiguée, je vais au lit. Le lendemain, fatigue mais je gère. Le samedi, je dors l'après midi (pffff, pas normal) prise de température et ouinnnnnn fièvre, donc, mon mari m'emmène aux urgences et là rebelote, masque, radio des poumons, électrocardiogramme, prise de sang et le verdict tombe, encore aplasie très sévère. Je sais, je n'ai pas été raisonnable de prendre les transports alors que j'étais en période d'aplasie. Donc, hospitalisation en isolement pendant 4 jours. Ca m'énerve, je ne supporte plus tous ces effets. L'oncologue me rend visite dans ma chambre et là m'annonce qu'il m'arrête la chimio car cela risque de me tuer, mon corps réagit de trop et il parait que je suis un cas mais ça je le savais mdrrrrrrr ....... Je sors le mercredi après avoir pris rdv avec ma gynéco/chirurgien pour l'opération.
RDV le 11 mai à 9h 30. Toujours avec ma belle soeur, plus d'une heure de retard mais tant pis, c'est pour la bonne cause et puis, elle est sympa et douce la gynéco. Palpations, elle ne sent plus rien au toucher, les 6 chimios ont-elles tout de même fait leur effet, manquerait plus que ça, avec ce que j'ai enduré, nanméhoooooo .......
Opération prévue le 26 mai, je rentre le 25 et j'espère pouvoir dire oustttttttt, vade retro le crabus merdicus, sors de mon corps, infâme squatter.
Cet AM, rdv pour une écho mamaire, je verrais bien où en est la tumeur !!!!!!! (là, c'est mon mari qui m'accompagne, faut bien qu'elle bosse un peu Sylvie, lol)
Jeudi, rdv avec l'anesthésiste.
En ce moment, je vais bien, un peu moins fatiguée mais l'onco m'a dit qu'il fallait en moyenne 8 mois pour évacuer les effets chimios. J'ai l'impression d'avoir toujours envie de dormir tant mes yeux me font mal (mais normal, je n'ai plus de cils, plus de sourcils) mdr ......
Après 22 jours après la fin de ma chimio, un léger duvet sur mon crâne, pas de quoi, me faire des couettes mais je suis contente tout de même, comme quoi, il m'en faut peu, même les poils aux jambes, je crois que je vais les aimer .........
Logiquement, elle doit sauver mon sein mais seule l'analyse des ganglions axilaires détermineront si ablation ou pas. Je m'en fous, qu'il me l'enlève ........

La suite au prochain numéro
Gros bisous

Donc, j'ai passé mon écho, la tumeur a bien régressé, moins de 1 cm, le piedddddddddd !!!!!! Faut quand même que je vous dise que j'ai tellement l'habitude de me déshabiller depuis ce crabe que je me suis dévêtue croyant que c'était le manipulateur, ben nan. Tant pis hihihi. Je n'ai peut être pas subi cette saloperie de chimio pour rien.
J'ai eu mon rdv avec l'anesthésiste, super sympa, j'espère que c'est elle qui m'endormira et surtout me réveillera. Je rentre lundi à l'hôpital et serais opérée mardi matin. Dire que je ne suis pas angoissée serait mentir mais c'est normal, la peur de l'anesthésie et surtout la peur d'avoir mal (je suis très doudouille mouaaaa). J'aimerais être plus vieille d'une semaine.
Aujourd'hui, un temps vraiment super sur la région. J'ai rencontré deux copines dans la même galère que moi. Un monde pas possible sur Paris, c'était le pied, j'aime mon Paris sous le soleil et aujourd'hui, il n'en manquait pas. J'ai même pris des coups de soleil. Au programme, petit resto sur la rue Montorgueil pour ceux et celles qui connaissent, entre Montmartre et les Halles. Quartier très sympa et très animé. Nous avons bien mangé et surtout bien papoter. Ca, c'est la vie.

 

Poème écrit avant l'opération

Putain de cancer

Dernier week end avant l'échéance
Sera-t-elle une chance ou malchance
Les petits maux de cette belle vie
Ne sont rien face à cette maladie

Faire semblant, garder le sourire
Même derrière un écran continuer
Mes délires même si mon cœur chavire
L'oiseau qui chante, je veux l'écouter

En mon corps, le soleil s'est couché
Il a laissé la place à l'obscurité
Mon cœur est à nouveau gelé
Mon corps meurtri de ces atrocités

Se battre pour ne pas mourir
Et même si l'on doit souffrir
Accepter cette mutilation
Pour n'être qu'en rémission

Demain, sera l'assaut final
Le tuer, oui, c'est vital
La guerre est bien déclarée
La bataille, il me faut la gagner


Bon, lundi 25 mai 14h 45 ma belle-soeur Sylvie vient me chercher, parait que c'est le jour où je dois rentrer à l'hôpital. Mon sac est prêt, je n'y vais pas de gaîté de coeur mais j'y go, c'est pour la bonne cause. Ce qui est bien, c'est qu'avec les 2 séjours déjà passés, je connais les infirmières. On m'installe dans ma chambre la n° 1, juste à côté de la sortie, yesssssss. L'interne passe me voir, intervention demain à 12h 45 nonnnnnnnn, c'est trop tard, vais avoir le temps de cogiter mouaaa. Les infirmières reviennent et là, c'est 13h 20, se foutent de moi. Et mon café et ma clope, ils n'y pensent pas à tout ça. Prise de sang et je passe une bonne nuit.
Jour J, mardi 26 mai, on y est. Je ne me presse pas pour prendre ma douche, j'ai le temps. 9h45, un beau brancardier métis vient me chercher. Quoiiiii !!!! mais c'est pas l'heure, si, si me dit il. Vite, mon cachet pour me calmer, douche bétadine et hoppppp je grimpe sur le lit et m'en vais avec le beau brancardier. 2ème étage, salle d'op, je n'attends même pas, tout le monde est là. L'anesthésiste tente en vain de me piquer dans ma main mais bon sang, je lui ai dit que ce n'était pas possible, j'ai la peau trop fine, bon, il n'y arrive pas, me laisse un joli bleu et me pique dans le bras. Il me demande si je vois les cocotiers au plafond, je lui réponds que je vois des fées (c'est ainsi qu'on appelle les filles du forum Doctissimo), il me prend certainement pour une dingue mais m'en fous. Bon, les cocotiers, les fées, je demande un beau mec et un cocktail qu'il s'empresse de me donner, la tête vacille et hop plus de Joyce, elle est partie rejoindre Morphée. J'ouvre les yeux dans la salle de réveil, nickel chrome, je m'asseois et me fais bien évidemment engueuler par l'infirmière qui me dit de me recoucher (pffff, plus envie de dormir). Elle, elle tente de réveiller le type à côté de moi, ah ces hommes !!!!!! Mon beau brancardier vient me chercher, nous parlons du festival de Cannes et j'arrive fraîche et dispo dans ma chambre. Mon mari, Sylvie et ma fille arrivent et n'en reviennent pas. Je suis en forme. Je vais même pouvoir aller fumer ma clope (je sais, ce n'est pas bien mais .......). Je me planque bien sûr afin que le personnel médical ne me voit pas déjà dehors.
La chirurgienne passe, me dit que tout s'est bien passé et que j'aurais les résultats de mes ganglions mercredi.
Même pas mal, juste un léger tiraillement au niveau de l'aisselle mais même pas besoin des calmants. Le pied, quoi !!!!!!!!
Le lendemain matin, tout va toujours bien, on m'enlève la perf, je vais pouvoir sortir plus librement, juste trimbalé dans un joli sac mon « litron de rouge » le fameux redon. Tant qu'il donne, je ne sortirais pas ouinnnnnnnnnnnn. Je veux déjà sortir. Je sais, je suis chiante mais c'est comme ça. Je m'entends très bien avec mes petites infirmières, on rigole bien.
Vendredi, youpieeeeeeeeeee, l'interne et la chirurgienne me disent que je vais pouvoir sortir. En plus, il fait un temps superbe. Deux infirmières viennent pour me retirer le drain, aie, ouille ben même pas, rien senti si bien que j'ai demandé à l'infirmière de recommencer, hahahahahaha.
13h 30, je dis au revoir et j'attends mon bonhomme qui n'arrive qu'à 14h 00 (pffff, l'était en train de prendre un café assorti d'un pain aux raisins).
J'arrive chez moi, quelle joie, mon BB et ma minette me font la fête, je leur ai manqué, ils m'ont manqué. Le seul inconvénient, c'est qu'ils ne pourront pas dormir avec moi comme à l'accoutumée, trop peur qu'ils me fassent mal.
Pour l'instant, je vais toujours très bien, une belle cicatrice à mon « néné » même pas de fils, maintenant, ils collent. Et une bonne motricité de mon bras. Bon, je ne danserais pas de suite un rock endiablé ni un jerk mais ça viendra.
Voilà, maintenant l'attente des résultats et ce sera mercredi à 12h 00
Bisous


Bon, les news ne sont pas terribles, il faut que je repasse le 23 juin sur la table grrrrrrrrrrr. Il reste des cellules cancéreuses + 1 ganglion d'atteint. Mais quand donc va t'il me lâcher la grappe celui-là. Donc, le 23, je dis adieu à mon néné.
Je suis très en colère après la chir car je lui avais dit que si il subsistait le moindre doute, qu'elle me l'enlève et elle ne l'a pas fait ni même noté dans mon dossier et ce n'est elle qui m'a opéré la première fois. Sont vraiment cons ces toubibs, ne se rendent même pas compte du psychologique des patients. Bon, on va y aller pas de bonne grâce mais on va y aller.
Demain, ponction car mon bras suite au curage axillaire est un peu enflé et peut être que la chir aura d'autres résultats.
Je ne sais vraiment pas quand tout cela va se terminer.
22 juin 2009, il est 14h 45, Sylvie ma belle-soeur arrive, mon sac est prêt, nous partons direction hosto. Après avoir été dire bonjour aux infirmières que je connais désormais, je rentre dans ma chambre (cette fois la n° 2) toujours près de la sortie ........ Petite prise de sang, j'en ai ras le bol, car le seul bras dans lequel on pouvait me les faire, « ben » c'est fini. Plus de prise de sang, ni tension au bras droit et le gauche, ouinnnnnnn, mes veines éclatent. Mais bon, qu'est une prise de sang, que dalle.
Dans la salle des infirmières, je regarde à quelle heure je passerais sur la table 12h 25 pfffff, c'est tard et mon café et ma cigarette ........
23 juin 2009, je suis debout comme d'hab aux aurores, douche bétadine, blouse pas très seyante et j'attends. 12h15, mon beau brancardier vient me chercher, il est, en plus d'être mignon très sympa. Nous discutons le bout de gras et j'arrive dans la salle d'op. Ils sont tous là. Ma chir me caresse le bras comme pour me rassurer, je ne suis pas stressée. Je lui demande les résultats de mon curage et là, elle me dit qu'il y avait un ganglion de métastasé, putain de crabe dont les pattes poussent partout.
Je tape un peu la discute avec l'anesthésiste et Morphée m'appelle. L'intervention n'a duré que 1h 11 mns mais je devais être bien avec Morphée car je ne redescends que vers 17 00 dans ma chambre. Ma fille et ma belle-soeur sont là à attendre. Elles sont rassurées. Je suis encore un peu dans les vapes mais ça va.



24 juin 2009, l'infirmière vient pour le pansement, elle me dit à J +1. Ne regardez pas mais moi, j'ai toujours été curieuse, je veux voir et je vois enfin je ne le vois plus. J'ai retrouvé ma poitrine de gamine. C'est tout plat, plus rien. La cicatrice est belle et je n'ai pas mal. Psychologiquement, je vais bien. Ai-je le choix !!!!!!!!! Je n'ai plus de sein droit mais j'espère surtout ne plus avoir ce crustacé, j'espère l'avoir pulvérisé.


Il est 14h 00 et mes pensées vont vers ma soeur aînée et ma famille, on enterre mon beau frère qui, lui n'a pas eu cette chance. Ce crabe l'a eu et pourtant, il s'est battu pendant des années à grands coups de chimios qui lui a détruit ses chairs et son corps et lui, n'a jamais émis la moindre plainte. J'ai écrit un poème que ma cousine a lu et un texte que ma fille a lu. Je lui devais bien ça à mon cecel car il était comme notre frère. J'ai pu lui dire au revoir car il nous a attendu. Ce samedi 20 juin lorsque ma soeur m'a téléphoné, nous sommes de suite, mon frère, ma tite soeur et moi partis dans la Nièvre et sommes directement allés à l'hosto. Il était vivant et je lui ai dit que nous l'aimions. Et le soir, ce coup de téléphone impudique à 23h 15 pour nous dire que tout était terminé. PUTAIN DE MALADIE.
Je lui a fait la promesse de me battre.
Moi, bien évidemment et comme d'hab, ras le bol d'être à l'hôpital. Dès le lendemain matin de l'opération, je cours partout, les infirmières et les toubibs doivent venir me chercher dehors, je ne supporte vraiment pas l'enfermement. Tout va bien. Mes deux petites infirmières préférées Audrey et Erika prennent le temps tous les jours de venir taper la discute avec moi et je ne suis jamais seule entre famille, amis et collègues. Le redon donne encore, va pas « m'emmerder lui » car de lui dépend ma sortie et samedi YESSSSSSS, je sors. Mon mari vient me chercher, il fait chaud, très chaud. J'ai envie d'une paire de chaussures, allez go et hier, soldes, que c'est bon de faire fumer la blue card.
Mercredi, RDV pour la cicatrice.
J'espère l'avoir eu cette fois çi.

Bon, hier 10h 30, RDV avec ma chir. La cicatrice lui plait, elle en a profité pour me faire une tite ponction (tant que ce n'est pas sur mon compte en banque). Bonne nouvelle, les analyses faites pendant et après l'ablation sont bonnes. Je l'ai EXTERMINE, ECRABOUILLE, PULVERISE. Il ne restait plus rien. Je sais que rien n'est terminé, l'épée de Damoclès sera toujours au-dessus de ma tête mais je profite de l'instant présent et surtout de cette bonne nouvelle que j'attends depuis 7 mois. Maintenant rdv mercredi prochain avec l'oncologue pour les injections d'herceptine et les séances de rayons. Bon, même si je ne peux partir encore cette année en vacances, j'serais bronzée tout de même haahahahahahaha.
L'ablation est, certes une mutilation pour une femme mais je l'ai bien pris, c'était la seule solution pour l'avoir ce crabus merdicus et la vie est belle, très belle.
Les séances de rayons sont terminées, tout s'est bien passé, un peu de fatigue car contrainte d'y aller tous les jours pour seulement 3/4 mns de grillade mais c'est vraiment de la gnognotte comparée à la chimio. Fin le 06/09/2009.
L'histoire était trop belle pour être complètement terminée. N'ayant pas eu le protocole complet, je repasse par la case chimio grrrrrr. Donc, encore 9 séances, je suis maudite, je ne la ferais pas, na !! mais mes copines de docti interviennent et allez ok, j'y go. Bon, taxol est moins forte que taxotère et les effets sont moindres hormis la fatigue dûe à la cortisone qui m'empêche de dormir pendant 2 nuits et comme cette chimio est hebdomadaire, vous pouvez imaginer que mon temps de récupération est moindre. Je suis anémiée mais m'en fous, la dernière est prévue pour le lundi 19 novembre, yesssssssss et j'espère que là, la chimio ce sera TERMINE.
Maintenant, autre résolution très difficile pour moi. Arrêter de fumer. Là, est une autre histoire. Bonne nouvelle tout de même, mes cheveux ne sont pas retombés avec cette chimio, parait que j'suis un cas !!!!!! . En tout cas, ils sont tout doux et surtout ils frisent grrrrrrrrrrrrrr.
Et le 19 février 2010, j'ai cessé de fumer, encore une victoire. Je ne l'ai pas accompli seule mais accompagnée d'un spécialiste et j'y suis arrivée.
Reprise du boulot à mi-temps thérapeutique, j'suis heureuse même si je n'ai jamais coupé les ponts avec mes collègues. Je m'efforçais d'y aller au moins 2 à 3 fois par mois pour déjeuner. AInsi, ils ont pu suivre tous les pas de ma maladie car je n'ai jamais rien caché à personne autour de moi.

Mais tout n'est pas terminé........

Et maintenant, la peur au ventre, tremblements avant chaque contrôle ..... Et mon ressenti après ....

Vous savez les filles, toutes les mauvaises nouvelles nous renvoient notre maladie à chaque fois en pleine « gueule ». Après avoir appris une récidive d'une copine, les métas d'autres. Tout ce que je peux dire, c'est que le prochain qui me dit « le cancer du sein se soigne bien, on en guérit » je le pile sur place. Oui, nous connaissons des gens qui s'en sont sortis, heureusement mais bon nombre de nos sœurs de combat sont mortes et elles avaient, pourtant le même traitement que nous.

Les gens ne savent même pas le tiers de ce nous éprouvons physiquement et moralement car faire « semblant » nous savons le faire. Il n'y a qu'à voir Lolo, elle bosse malgré sa chimio et ses « connards » à son boulot qui, pour un peu, la mettrait à l'écart, mais on croit rêver. Merde alors, savez-vous ce qu'est une chimio ??? Ce poison qu'on vous injecte, qui, logiquement devrait vous guérir. Cette saleté qui vous laisse pire qu'une serpillère lorsque ce n'est pas à l'hosto qu'on finit tant notre corps et nos globules n'en peuvent plus. Passer ses nuits à vomir ou à souffrir de douleurs articulaires. Se lever un matin avec des poignées de cheveux qui tombent et ces regards, ah ces regards. Cessez de nous dire qu'il faut tenir le coup et être forte et surtout sachez que nous ne sommes pas courageuses, avons-nous le choix ??? Oui, survivre ou mourir.

Nous sommes malades, pas contagieuses.

Ne plus oser se regarder dans une glace car « cachez ce sein qui n'existe plus », seulement cette longue et belle balafre. Pour moi, cela fait plus d'un an que je ne me suis pas attardée sur un catalogue ou un magasin de lingerie, à quoi bon !!!!! Ce bras « curé » qui, pour certaines obtiennent une invalidité plus un licenciement car elles ne peuvent plus faire ce qu'elles faisaient auparavant (merci patron). Cette baisse de l'acuité visuelle, les dents qui se déchaussent à cause de la chimio (et tout ça non pris à 100 %)

Cette angoisse qui nous tenaille à chaque contrôle, la peur, oui, la peur, nous la connaissons.

Peur de la récidive sur le seul sein qu'il nous reste, les métastases qui font partie de cette maladie.

L'hormonothérapie (ah ce tout petit cachet) mais qui nous fait tellement de mal, qui ménopause les gamines, qui font de nous des mamy de 80 ans, cette difficulté à se mouvoir et nous fait prendre du poids alors que l'on sait que le surpoids n'est pas bon pour le cancer du sein, alors que faire !!!!!!!

Oui, ensuite les traitements sont terminés, les contrôles sont « bons », famille et amis, vous voilà rassurés, tout va être comme avant, oui, pour vous mais pas pour nous car lors des prochains contrôles, nos cœurs vont encore battre très très fort.

Sandra, Lolo, Annick, Taysounette, Flomarode, ma puce et les autres. Je pense très fort à vous.

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  1. oh ma joyce que ton histoire est touchante!! c'est notre vaicu a nous toutes les fees mais tu reste une femme extraordinaire avec un coeur enorme une force incroyable toujours la pour nous aider dans notre combat, toujours a l'ecoute, toujours la main tendue vers nous.. en te lisant on sais par ou on viens de passer par ou on devra encore passer!!! mais tu degage surtout une envie de se battre et d'aller de l'avant tu es un exemple!!! je te fais de tres tres gros bisous et merci pour cette belle lecon de courage !!!!!!!!!!! tiflo

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